Évaluer les risques psychosociaux dans une PME de moins de 20 employés, c'est les inscrire au plan d'action SST au même titre que les autres risques. La CNESST exige que ce plan les identifie, mais elle n'impose aucune méthode. En pratique, on part des données qu'on a déjà (absences, départs, plaintes), on repère les conflits, on complète par des entrevues ou un questionnaire confidentiel, puis on classe les constats et on choisit des mesures qui agissent sur l'organisation du travail.
Cette page a été révisée en septembre 2026 à partir du programme de santé au travail sur les risques psychosociaux publié par la CNESST (version 10/2025). La version précédente comptait six facteurs au lieu de cinq ; c'est corrigé plus bas.
Ce que la CNESST exige, et à partir de quand
Selon la CNESST, les établissements de 19 travailleurs ou moins doivent élaborer un plan d'action, l'appliquer et le mettre à jour chaque année. L'employeur dispose d'un an pour le faire. Ce délai part du 1er octobre 2025 (ou de la création de l'établissement), ce qui place l'échéance au 1er octobre 2026. Un employeur qui devait déjà appliquer un programme de prévention avant le 1er octobre 2025 applique le plan immédiatement. Le détail est dans notre article sur l'échéance du 1er octobre 2026.
Le contenu du plan doit inclure l'identification des risques, « incluant les risques psychosociaux et ceux pouvant affecter particulièrement la santé et la sécurité des travailleurs de 16 ans et moins ». Le programme de la CNESST rappelle que l'employeur doit en tenir compte dans son plan d'action (LSST, art. 61.2) ou, à partir de 20 travailleurs, dans son programme de prévention (art. 59).
Deux précisions de la CNESST changent la façon de travailler. D'abord, les milieux de travail « peuvent utiliser plusieurs moyens et méthodes pour identifier les risques » : aucun questionnaire n'est imposé. Ensuite, la démarche est la même que pour une machine ou un produit chimique : identifier, corriger, contrôler.
Le sujet n'a rien de marginal. Selon les statistiques de la CNESST, les lésions attribuables aux risques psychosociaux ont augmenté de 71,4 % depuis 2020, pour un total de 6 667 lésions en 2024. Une lésion liée au stress était indemnisée en moyenne 300 jours en 2024.
Cinq facteurs, six composantes, trois risques : quelle liste utiliser ?
Les pages sur le sujet mélangent trois listes différentes. L'ancienne version de cette page aussi : elle ajoutait « la clarté du rôle » comme sixième facteur, alors que la CNESST classe les rôles et responsabilités mal définis parmi les signes d'une charge de travail élevée.
Selon la définition de l'INSPQ reprise par la CNESST, les facteurs psychosociaux sont liés à l'organisation du travail, aux pratiques de gestion, aux conditions d'emploi et aux relations sociales. Voici comment les trois listes s'articulent :
| Liste | Source | Contenu | Usage dans une PME | |---|---|---|---| | 5 facteurs de risque | CNESST, programme 10/2025 et page sur les facteurs | charge de travail, autonomie décisionnelle, soutien social, reconnaissance, justice organisationnelle | La grille de base de votre plan d'action | | 3 risques priorisés | CNESST, programme 10/2025 | violence, harcèlement, exposition à un événement potentiellement traumatique | À vérifier un par un, même s'ils semblent absents | | 6 composantes | Grille d'identification de l'INSPQ | charge de travail, reconnaissance, soutien du supérieur immédiat, soutien des collègues, autonomie décisionnelle, information et communication | Outil d'entrevue plus poussé, accessible par une formation payante |
Le plus simple : prenez les cinq facteurs de la CNESST comme structure, puis ajoutez une ligne pour chacun des trois risques priorisés. Un commerce ouvert le soir ou une garderie qui reçoit des parents en colère ne regarde pas la violence de la même façon qu'un atelier sans clientèle, mais les deux doivent l'avoir examinée. La CNESST demande aussi de considérer les facteurs ensemble, parce qu'ils agissent les uns sur les autres : une charge élevée pèse plus lourd quand le soutien manque.

Comment faire l'évaluation des risques psychosociaux dans une PME
Le programme de la CNESST décrit des techniques d'identification sans les ordonner pour une petite équipe. Voici une séquence qui les reprend dans l'ordre le moins coûteux.
1. Rassemblez les données que vous avez déjà. La CNESST cite le taux d'absentéisme, le taux de roulement, les registres d'accidents et d'incidents et le registre des plaintes. Dans une équipe de moins de 20 personnes, un taux ne veut pas dire grand-chose : un seul départ le fait bondir. Lisez plutôt les événements eux-mêmes. Qui est parti, de quel poste, après combien de temps, et qu'a-t-on dit à ce moment-là ?
2. Repérez les conflits et l'incivilité. Tensions récurrentes entre deux postes, remarques qui reviennent à chaque réunion, clients difficiles toujours servis par la même personne. Notez les faits, pas les impressions.
3. Complétez par des entrevues ou un questionnaire. La CNESST exige « un outil valide, fiable et dans le respect de la confidentialité », choisi « en fonction des ressources, des besoins et des capacités du milieu de travail ». Autrement dit, une PME n'est pas tenue d'utiliser l'outil d'une grande entreprise.
4. Priorisez. Les critères proposés par la CNESST : le nombre de personnes touchées, la gravité, la probabilité et la fréquence de l'exposition, et les priorités nommées par les travailleurs eux-mêmes. Ce dernier critère est souvent oublié ; demandez simplement à l'équipe ce qu'elle réglerait en premier.
5. Choisissez les mesures et écrivez-les. La CNESST est claire : les mesures qui visent l'organisation et agissent en amont, comme une réorganisation des tâches, sont plus efficaces et durables que celles qui visent les individus. Une formation sur la gestion du stress ne corrige pas une surcharge. Le plan d'action doit aussi respecter la hiérarchie des mesures de prévention et fixer des échéanciers. Écrivez ce que vous avez examiné, ce que vous avez trouvé, les mesures retenues et qui s'en occupe.
L'agent de liaison a sa place dans le repérage, la collecte et la priorisation. S'il n'est pas encore désigné, voyez comment nommer l'agent de liaison dans une PME de moins de 20 employés.
La confidentialité dans une équipe de quelques personnes
Aucune source ne règle ce problème : la CNESST exige la confidentialité, sans dire comment la garantir quand tout le monde se reconnaît. Dans une petite équipe, un questionnaire « anonyme » l'est rarement. Si vous demandez le poste ou l'ancienneté, chaque réponse porte un nom.
Quelques règles simples limitent le risque :
- Retirez du questionnaire toute question qui identifie la personne (poste, quart, ancienneté).
- Faites recueillir les réponses par quelqu'un qui n'est pas le patron direct : l'agent de liaison, ou un service externe comme le réseau de santé publique (voir plus bas).
- Ne présentez que des résultats regroupés, jamais une réponse isolée.
- Dans une très petite équipe, préférez une discussion de groupe sur l'organisation du travail (horaires, répartition des tâches, remplacements) plutôt que des questions sur le ressenti de chacun. On parle de la façon dont le travail est organisé, pas des personnes.

L'aide gratuite et l'aide payante
La plupart des résultats pour « questionnaire risques psychosociaux PME » mènent à des outils français qui ne suivent pas le cadre québécois. Voici ce qui existe au Québec, selon les sources consultées en septembre 2026 :
| Ressource | Ce qu'elle fait | Coût | |---|---|---| | Réseau de santé publique en santé au travail (RSPSAT) | Aide à documenter les risques psychosociaux par une identification sommaire ou une évaluation approfondie | Gratuit | | Conseillers en santé psychologique de la CNESST | Activité de sensibilisation et d'information dans votre milieu de travail, sur demande | Non précisé par la CNESST | | Grille d'identification de l'INSPQ | Entrevues factuelles d'environ 2 h avec des informateurs clés, sur les 6 composantes | Accès par formation : 250 $ à 500 $ (usage non commercial, selon le secteur), 1 500 $ (consultants), tarifs INSPQ vus en septembre 2026 |
Pour une équipe de moins de 20 personnes, la grille de l'INSPQ est rarement le bon premier pas : elle suppose une formation et des entrevues longues. Commencez par les quatre premières étapes ci-dessus et faites appel au RSPSAT si un facteur ressort nettement ou si l'équipe a vécu un événement grave.
La politique contre le harcèlement est un autre document
L'évaluation des risques psychosociaux peut révéler un climat à risque, mais elle ne remplace pas la politique de prévention du harcèlement psychologique. Selon le programme de la CNESST, cette politique relève de la Loi sur les normes du travail (LNT) et doit inclure les éléments de l'article 81.19 de cette loi. Ce sont deux obligations distinctes, qui se complètent. Pour vérifier la vôtre : notre article sur la politique de prévention du harcèlement psychologique.
Mon conseil, comme fondateur de PlanSST : commencez par passer les six catégories de risques une par une, et traitez la politique de harcèlement comme un document séparé du plan d'action.
Où PlanSST intervient
J'ai construit le questionnaire de PlanSST pour chacun des 12 secteurs : de 28 à 54 questions selon le secteur, réparties dans six catégories de risques, dont la catégorie psychosociale, pour environ 30 minutes. Écrire ces questions m'a obligé à lire la réglementation. Répondre est gratuit et le plan s'affiche à l'écran. Les 129 $ (paiement unique, accès de 12 mois) servent à exporter le plan avec quatre autres documents, dont la politique de prévention du harcèlement préremplie avec vos informations et le registre des risques. Le plan est structuré selon l'article 61.2 de la LSST ; il reste à vous de le mettre à jour chaque année et de l'appliquer.

Questions fréquentes
Faut-il un document séparé pour l'évaluation des risques psychosociaux ? Non, les constats vont dans le plan d'action lui-même. Le programme de la CNESST indique que l'employeur doit tenir compte des risques psychosociaux dans son plan d'action. Gardez vos notes de collecte à part si vous voulez, mais inscrivez les risques retenus, les priorités, les mesures et les échéanciers au même endroit que les risques physiques ou chimiques.
L'agent de liaison peut-il intervenir sur les risques psychosociaux ? Oui. Selon la CNESST, l'agent de liaison peut faire des recommandations écrites à l'employeur, notamment sur l'identification des risques, ce qui couvre les risques psychosociaux inscrits au plan d'action. L'employeur doit répondre à ces recommandations dans un délai de 30 jours. Conservez la recommandation et votre réponse avec le plan, elles montrent que la démarche est suivie.
Les travailleurs de 16 ans et moins changent-ils l'évaluation ? Oui. La CNESST précise que le plan d'action doit identifier les risques qui peuvent affecter particulièrement les travailleurs de 16 ans et moins. Si vous employez des jeunes, par exemple dans un restaurant ou un commerce, examinez la charge de travail, le soutien reçu et le contact avec la clientèle de leur point de vue, puis notez-le dans le plan.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation précise, référez-vous à la CNESST.
Répondez au questionnaire de votre secteur → le plan d'action complet, ou commencez par le modèle gratuit.
Le modèle est gratuit
Téléchargez le modèle de plan d'action SST : les six catégories de risques du cadre CNESST, en PDF, à remplir à la main.
Obtenir le modèle gratuitOu, sans rien remplir à la main : répondez au questionnaire de votre secteur et voyez votre plan s'écrire à l'écran (gratuit, 30 min)
Fondateur de PlanSST
Product Manager avec 6+ ans d'expérience en solutions SaaS. Fondateur de PlanSST pour aider les PME québécoises à se conformer aux nouvelles exigences SST.