Les risques d'un salon ne se voient pas : ils s'installent dans les poumons et sur les mains, sur plusieurs années. L'asthme professionnel et l'eczéma des mains sont les deux atteintes les plus rapportées du métier. Votre salon de moins de 20 employés doit avoir son plan d'action SST écrit.
Les persulfates des décolorants, les méthacrylates des produits d'ongles et le formaldéhyde libéré par certains lissages sont des sensibilisants : une fois la personne sensibilisée, une dose minime suffit à déclencher la crise. La ventilation générale ne règle rien — il faut capter à la source, au poste.
Shampooings, colorations, manucures : au-delà de deux heures les mains mouillées ou gantées par jour, la barrière cutanée cède. La dermatite apparaît souvent dès la première année de métier et devient chronique si rien ne change.
Repousse-cuticules, limes, lames de pédicure : une coupure sur une cliente diabétique ou porteuse d'une infection expose les deux personnes. Les bains de pieds mal désinfectés sont une source documentée d'infections mycobactériennes.
Bras levés au-dessus des épaules pour couper, nuque fléchie sur une table à ongles, huit heures debout sur un sol dur. Les troubles de l'épaule, du poignet et du dos sont la première cause d'arrêt de travail en coiffure.
Photoépilation, lasers esthétiques, cires chaudes, appareils à vapeur : un laser de classe 4 lèse la rétine en une fraction de seconde, même par réflexion sur un miroir. Un risque presque toujours absent des plans SST de salon.
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C'est la question la plus fréquente du métier, et la réponse ne dépend pas du titre du contrat mais des faits : qui fixe les horaires et les prix, qui fournit les produits, qui encaisse. Plus vous contrôlez le travail, plus la personne risque d'être considérée comme une travailleuse malgré la location de chaise. En cas de doute, faites trancher le statut par la CNESST plutôt que de présumer. Une chose reste vraie dans tous les cas : les lieux, la ventilation et les produits sont les vôtres.
Oui, l'asthme professionnel et la dermatite de contact font partie des atteintes reconnues chez les coiffeuses et les esthéticiennes. Ce qui se joue alors, c'est la preuve : votre registre de fiches de données de sécurité, la formation donnée et les mesures de captation montrent comment l'exposition était gérée. Sans ce dossier, la discussion se fait sans vous.
Oui. Une personne en stage dans votre salon est couverte et doit recevoir l'information et la formation sur les risques de son poste avant de commencer — pas au bout de deux semaines. C'est aussi la période où les coupures et les projections arrivent le plus.
Non. Travailleuse autonome sans aucun employé, vous n'êtes pas assujettie à l'obligation du plan d'action. Dès la première employée, l'apprentie ou la stagiaire, oui — et les obligations arrivent toutes en même temps.